Peut-on penser par nous même?
Nos idées sont façonnées par la "communication" (par exemple l'imagerie politique), l'instrument de gouvernement permanent des régimes démocratiques. Elle est pour eux ce que la propagande est aux dictatures.
L'imagerie politique, c'est d'abord les images repérables, quel qu'en soit leur support : les murs, les halls de gare, les billets de banque, les enveloppes et les boîtes d'allumette, gravées dans la pierre, ciselées dans le bronze, façonnées dans les cendriers, exhibées sur les robes, les tee-shirts... En somme, "toute la mémoire transversale des rencontres entre ceux qui font l'histoire et ceux qui la laissent faire" (J.P. Gourevitch).
C'est aussi une progression, de la fabrique et du commerce de l'image. Depuis sa création au sein d'un groupe politique émetteur et son apparition place publique jusqu'à sa disparition sous la pluie...
Mais aussi une manière de montrer des évenements et des représentants de la vie politique.
C'est enfin un système de communication, à travers lequel se définit l'audience, les composantes idéologiques et culturelles.
L'imagerie et la propagande, peuvent se définir par :
- L'irruption massive d'images multi-formes dans un petit monde limité à l'apologie électorale et au portrait de chef de l'Etat
- Les difficultés à craindre des messages qui apparaissent isolément sur des supports et des contextes différents (affiches, meetings, radio, télévision...), alors qu'ils font partis d'une même campagne.
- Les simplifications abusives des médias (Chine = petit livre rouge) qui accentue l'absence d'analyse fiable.
- La fascination qu'exerce le souvenir des grandes figurations qui, de Moïse à Kennedy, ont donné à l'aventure politique le sens d'un destin.
Le citoyen commun, qui n'aura jamais appris à l'école à lire ou à écrire une image, qui n'a pas eu l'occasion de saisir l'image comme un objet, qu'on pourrait démonter sans hâte, est déboussolé, victime de sa méfiance à l'égard de tout ce qui révèle de la propagande. En effet, la propagande est souvent liée au mensonge, au gratuit, au secret, aux forces néfastes qui violent l'intimité des consciences (le "bourrage de crâne"). Elle apparaît de plus en plus attachée historiquement aux régimes totalitaires. Pourtant, la propagande est surtout un instrument démocratique. Permettant aux groupes constitués d'avoir une existence, réveillant et interpellant la conscience publique...
Mais comme a dit Gourevitch: "Si tu ne t'occupes pas de politique, la politique s'occupera de toi". Et il n'a pas tort...





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